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INITIATIVES
© Journaux du Midi 20/05/2008

L'huile d'olive se paie un coffret de luxe


« Cette nouvelle huile d'olive, c'est du Chanel », s'exclame, glamour, Fabien Jeanjean, président du syndicat des appellations d'origine contrôlée de Nîmes. La Picholine qui se donne des allures de Marylin pour mieux séduire les palais étrangers, le rapprochement osé pourrait prêter à sourire, n'était le sérieux de l'entreprise. L'oléiculture du cru se rêve un avenir de luxe. Sept moulins et coopératives gardoises ont choisi de s'associer pour élaborer la meilleure recette d'huile AOC.

Le fruit de ce travail collectif, une première en France, est à l'instar des écrins de parfum mis en valeur dans un coffret soigné aux petits oignons et à la tapenade. Revers de la médaille : l'ensemble s'affiche à 25 €. Le prix à payer pour la qualité selon Fabien Jeanjean. « En achetant 10,50 € le litre d'huile d'olive aux producteurs, on ne sait pas faire moins cher. Au jeu du bas de gamme, les Espagnols sont imbattables. » Reste aux Gardois à cibler en priorité le dessus du panier : les épiceries fines et les tables gastronomiques internationales.

Les Belges ont déjà commandé une première palette de la prestigieuse cuvée. Des contacts à concrétiser existent en Allemagne ainsi que dans les grandes métropoles américaines. Samedi prochain, le président du syndicat s'envole vers l'Inde en compagnie du label "Sud de France" pour promouvoir la typicité de l'olive made in Nîmes. Ce jour-là, la nouvelle image de l'huile d'olive sera présentée à Nîmes au public des 10e Journées méditerranéennes de l'olivier (lire ci-dessous), qui pourra acquérir un coffret créé tout spécialement pour l'export.

Le salut passe hors des frontières pour les acteurs de la filière qui se méfient du trop- plein. « Il y a à peine trois ans, le Gard était le 5e producteur du pays, précise Fabien Jeanjean. Aujourd'hui, nous sommes les seconds voire les premiers devant les Bouches-du-Rhône. Or l'huile d'olive, contrairement au vin, ça ne se conserve guère plus d'une année. L'étranger doit nous permettre d'écouler nos stocks. »

Lorsque le moindre stand au Salon international agroalimentaire pour l'exportation va chercher dans les 6 000 € et qu'il faut payer 5 € pièce un carton d'emballage autant se serrer les coudes à plusieurs. Que pèse enfin un seul moulin sur le marché de Bombay ou de Francfort ? Cela n'empêche pas l'oléiculture gardoise de s'appuyer sur son terroir, et l'entrée en vigueur le 1er juillet d'une réglementation plus sévère sur les AOC, pour partir à la conquête d'autres horizons. Preuve si besoin était, les journées de l'olivier sont ouvertes sur tout le bassin méditerranéen. Plus on reste soi-même, plus on plaît aux peuples du monde entier.

R. D.
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2008-05-14 15:26:12 Midi Libre

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