Le Venezuela veut s'inspirer de l’agrotourisme cévenol
Le modèle cévenol va-t-il inspirer le Venezuela ? C'est fort possible puisqu'une délégation était en visite pendant trois jours entre le Gard et la Lozère, pour s'imprégner des réalisations agrotouristiques locales. Depuis des dizaines d'années, le Venezuela est confronté à un fort exode rural dû à la richesse pétrolière qui a poussé la population à quitter les campagnes. Désormais, le pays souhaite que les agriculteurs et les néoruraux réinvestissent cet espace avec des outils de production et de transformation agricoles adaptés, mais aussi en mettant en place un agrotourisme respectueux de leurs grands espaces.
Pour chercher un modèle efficace, les Vénézuéliens sont venus dans le Gard et la Lozère s'inspirer du Parc national des Cévennes mais aussi des réseaux que les producteurs ont su implanter à travers tout le territoire afin de mettre en place une vente directe et mieux valoriser leurs produits. Ainsi, la délégation a pu découvrir des gîtes ruraux à Saint-Germain-de-Calberte, des ateliers de transformation de viande gérés en Cuma entre une dizaine de producteurs à Sainte-Croix-Vallée-Française. « Il existe un tourisme communautaire au Venezuela mais cette formule de gîtes serait très bien adaptée aux néoruraux », explique William Aular, premier secrétaire de l'ambassade du Venezuela à Paris. De la même façon, le fonctionnement du Parc national des Cévennes a intéressé la délégation car le Venezuela compte de nombreux parcs, mais qui sont gérés comme des sanctuaires protégés de l'homme et non comme un outil de développement local.
Et si le Venezuela compte de très grosses coopératives agricoles, ces petits ateliers de transformation pour les producteurs locaux peuvent être un exemple avec la création de circuits courts. Dans ce cadre, la visite de la boutique Terroir Cévennes à Thoiras a particulièrement retenu l'attention des Vénézuéliens. Depuis 1993, elle regroupe 38 producteurs et artisans qui vendent directement leurs produits sur place. Sept boutiques similaires existent en Languedoc-Roussillon, représentant 130 producteurs structurés autour d'une charte commune et fonctionnant en réseau.
La délégation était menée par Sylvie Mayer, ancienne députée européenne et co auteur du "Guide de l'économie équitable". Ses attaches cévenoles l'avaient amenée à découvrir le modèle économique des producteurs locaux. Sollicitée par l'ambassade du Venezuela à Paris, elle a mis sur pied cette visite. « Les Cévennes sont un pays de difficultés et de résistances où l'on pouvait trouver des agriculteurs qui ont les mêmes problèmes qu'au Venezuela avec la présence également de néoruraux », explique Sylvie Mayer.