Pôle Energies 11 : des actes face au réchauffement climatique
Roland Courteau est catégorique : face aux conséquences désormais incontestables de l'action humaine sur le réchauffement climatique, la pratique doit se substituer aux seules vues de l'esprit. Une philosophie que le sénateur audois et les autres acteurs du Pôle Energies 11 ont déjà commencé à appliquer : ils présentaient hier des initiatives locales... et on ne peut plus concrètes.
Créée fin 2006, la structure regroupe un nombre croissant d'institutions économiques (Chambre d'agriculture, CAUE, CAPEB...) et de collectivités territoriales (Pays Carcassonnais et de Corbières-Minervois). Objectif : mutualiser les compétences et apporter un conseil objectif aux professionnels et collectivités audoises. Une ambition concrétisée par la mise en place d'un numéro d'information spécifique (04 68 11 39 54, chaque jeudi de 8 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 45) et d'un site internet (pole-energies11.org).
Cette année, plusieurs "actions pilotes" seront aussi menées dans ce sens. « Nous proposons aux entreprises audoises de venir faire le diagnostic énergie de leurs bâtiments, fondé sur un état des lieux et des propositions d'économie d'énergie. Des modules de formation consacrés aux éco-matériaux sont également prévus. » Mais le Pôle Energies 11 ne veut pas en rester là. « Notre projet à court et moyen terme est de devenir une Agence locale de l'énergie, qui irait plus loin que le diagnostic et la sensibilisation », indique Roland Courteau. Et là encore, on se donne les moyens d'y parvenir.
« Nous souhaitons appuyer les collectivités pour la réalisation de projets énergétiques. Il s'agit d'évaluer le besoin des communes en matière d'électricité, de chaleur ou d'économie d'énergie, de recenser ensuite les terres en friche et les zones inondables, puis de mettre en relation besoins et production en contribuant à l'économie locale. » Filière bois et biocarburant de deuxième génération seront privilégiés : des plantations test devraient avoir lieu à l'automne, notamment dans les basses plaines de l'Aude. « Ces dernières sont inondables et fertiles : on peut y planter des peupliers, des saules ou des eucalyptus. Sur les coteaux, secs et arides, ce serait plutôt des plantes à usage des deux filières. » Les spécialistes du Pôle Energie 11 en ont déjà trouvé, telle cette jatropha curcas non comestible et au taux d'huile très élevé.
A terme, une alternative non négligeable à l'heure où le vignoble audois traverse une forte période d'arrachage, et où les reconversions agricoles se font de plus en plus pressantes.