Libervit : l'usine d'outillage perpignanaise multiplie les contrats à l'export
La plus connue et sympathique création (brevetée) de Libervit Constructeur est la cisaille hydraulique de désincarcération des pompiers à qui des automobilistes accidentés doivent une rapidité de prise en charge médicale qui leur a peut-être sauvé la vie... L'entreprise a quitté, il y a plus d'un an, son adresse historique place Cassanyes, face au commissariat de police et a changé d'échelle depuis quelques mois. En triplant sa surface dans ses nouveaux locaux au Polygone, en investissant 120 000 euros dans de nouvelles machines à commandes numériques, la voilà à l'aise pour recevoir ses clients du monde entier.
Et quels clients ! Des industriels du démantèlement nucléaire (les cisailles miniatures ou monstrueuses, hydrauliques ou téléguidées font merveille) ainsi que des constructeurs aéronautiques et toutes sortes de professionnels spécialistes de la défense, de la protection civile et du secours. Car couper, trancher, hacher, tronçonner, que ce soit des réacteurs nucléaires hors d'usage ou des avions pour des remises à neuf intégrales, nécessite un savoir-faire de haut niveau technologique.
Yvan Cardona et sa soeur Chantal, jeunes quadragénaires, qui président aux destinées discrètes de l'entreprise, n'ont de cesse de perfectionner leur technologie maison : « Nous venons de déposer un nouveau brevet aux applications industrielles immédiates dont nous mesurons à peine le développement prometteur qu'il va nous permettre. Dans le même temps, nous peaufinons notre référence ISO 9001-2000 qui est une garantie internationale de procédure de fabrication. » En effet, pas question au moment crucial de sauver une vie que l'outil tombe en panne...
Dans cet étroit "marché de niche" dans lequel prospère Libervit, Chantal gère les finances et l'administratif ; Yvan parcourt le monde à la rencontre des clients qu'il reçoit également dans ses locaux (c'était le cas récemment de pompiers Coréens). La semaine prochaine, le chef d'entreprise part dix jours en Chine et ne craint nullement que ses outils soient imités, la production chinoise ayant choisi la production de masse et non les produits à haut niveau de savoir-faire. Puis il repartira sur Singapour et à Chypre avant de participer à un salon professionnel en Allemagne : « Notre production, très spécifique, ne peut se restreindre au marché national même si nous nous sommes positionnés récemment sur l'aéronautique avec la proximité d'EAS et les constructeurs toulousains. Nous avons pour vocation de multiplier nos ventes à l'international. Actuellement, 50 % de notre chiffre d'affaires est réalisé à l'exportation. C'est essentiel pour l'entreprise et nous oeuvrons pour progresser beaucoup en ce sens ».